La gingivite, une affection très répandue

La parodontite est une maladie gingivale qui touche en France plus de 80% des adultes selon l’étude sur la santé bucco-dentaire de l’Association Dentaire Francaise. Cette maladie a quelque chose de sournois : Malgré la résorption osseuse et la perte de dent qu’elle peut entraîner, elle reste longtemps insoupçonnée.

De nombreux patients rapportent un saignement gingival occasionnel. D’aucuns considèrent même que ce saignement est normal. Pourtant, ce n’est pas le cas. Comme pour tout autre saignement, le saignement gingival est un signe que quelque chose ne va pas. Dans ce cas, il s’agit d’un symptôme de la gingivite. En d’autres termes, des bactéries ont pénétré dans l’espace entre les dents et les gencives et sont en train d’y faire des dégâts.

Le déséquilibre bactérien

La bouche compte plus de 600 types différents de bactéries. Si de nombreuses bactéries sont utiles et contribuent à la santé buccale, certaines en revanche sont nocives. Tant que la communauté bactérienne reste équilibrée, on observe une auto-régulation de la concentration de bactéries. Certaines circonstances cependant peuvent rompre cet équilibre en faveur des bactéries nocives dont la prolifération est alors facilitée.

Au cours de la parodontite, les poches gingivales deviennent plus profondes et l'os de la mâchoire est brisé

Un cercle vicieux jusqu’à la perte de dents

De nombreuses bactéries de la parodontite se passent d’oxygène et colonisent par conséquent les régions où la concentration en oxygène est faible – par exemple dans l’espace entre les dents et les gencives. Les substances libérées par les bactéries attaquent alors aussi bien la gencive que l’os maxillaire. Avec la réponse du système immunitaire aux bactéries, il en résulte un creusement de l’espace et la formation de poches dites gingivales. Ces dernières offrent des conditions idéales pour le développement des bactéries de la parodontite. Elles se multiplient et creusent davantage les poches gingivales. C’est un cercle vicieux. Si le phénomène n’est pas stoppé, il peut entraîner à long terme une rétraction gingivale et la résorption de l’os maxillaire.

Important à savoir : À partir d’un certain stade, les lésions provoquées par les bactéries sont irréversibles. Des mesures doivent alors être prises rapidement pour prévenir la perte éventuelle de dents.

La réponse immunitaire influence la maladie

Si les bactéries sont la cause principale de la maladie, leur évolution subit aussi l’influence d’autres facteurs. La réponse du système immunitaire en particulier aux intrus entraîne des lésions tissulaires et une résorption osseuse à long terme. La rapidité et l’intensité de la réponse du système immunitaire à l’infection dépendent entre autres de 3 aspects :

  • Nature des bactéries :
    Les différents types de bactéries ont des caractéristiques propres et peuvent attaquer le système immunitaire plus ou moins fortement.
  • Nombre de bactéries :
    Le système immunitaire maîtrise d’autant plus facilement la situation que le nombre de bactéries de la parodontite est réduit.
  • Prédisposition génétique du patient :
    L’intensité de la réponse immunitaire à l’infection bactérienne est au-dessus de la moyenne chez certains patients. Cette propriété est génétiquement déterminée. C’est pourquoi certains patients développent, malgré un nombre restreint de bactéries, la forme sévère de la parodontite.

De la bouche au reste de l’organisme

Les bactéries ne sont cependant pas limitées à la bouche. Elles peuvent par la gencive enflammée accéder à la circulation sanguine. Elles représentent pour cette raison un danger pour tout l’organisme. Par exemple, certaines bactéries de la parodontite se fixent sur les parois artérielles et augmentent le risque de certaines maladies cardio-vasculaires. D’autres conséquences sont notamment les complications liées à la grossesse, polyarthrite rhumatoïde, maladies chroniques des voies respiratoires ainsi que pneumonie. Le diabète et la parodontite sont même étroitement liés. Il est donc conseillé aux patients diabétiques de demander une surveillance accrue de leurs gencives.